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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /2009 15:18
- Par Printemps des légendes
Pour commencer cette nouvelle année 2009, placée sous le signe de la neige et du froid (du moins dans les ardennes) partons sur les traces de la déesse de la mer des peuples de l'arctique …
Smithonian National Museum of Natural History (Washington - USA) Photo © Bryan and Cherry Alexander Photography

Il était une fois un chasseur qui vivait avec sa fille unique quelque part au pays de l'ours blanc … sa femme était morte et il commençait à sentir les effets de l'âge : les phoques devenaient plus difficiles à attraper à mesure que le temps passait … Il était temps qu'il marie sa fille et que ce soit son nouveau mari qui chasse maintenant pour la nourrir.

Sa fille était très jolie et un peu vaniteuse, et elle avait refusé tous les prétendants qui s'étaient présentés – au grand désespoir de son père. Un jour – alors que son père n'y croyait plus - elle s'était enfin laissée convaincre par un chasseur étranger qui avait les plus beaux vêtements en peau de phoque et d'ours qu'on avait jamais vu sur le campement. La noce avait été vite célébrée et elle était donc partie dans le kayak de son mari qui vivait sur une île éloignée.
Têtes de la culture Okvik - Old Bering sea - ( 200 av JC - 100 ap JC)

Quelques mois plus tard, le père avait fait un rêve étrange où il avait vu sa fille l'appeler à l'aide. Il avait donc décidé d'aller la voir et était parti avec un umiak (grand bateau inuit en bois flotté et en peau de phoque) avec l'aide de quelques femmes pour manier les rames.

En arrivant sur l'île, il avait retrouvé sa fille qui vivait seule dans une grotte, les cheveux en désordre, affamée et triste : En fait son mari disposait de pouvoirs magiques et il était un chien déguisé en homme … Il la traitait très mal et la nourrissait à peine.
Chasseurs de baleine inuit ramant dans un umiak traditionel fait en bois flotté et peaux de phoque
Smithonian National Museum of Natural History (Washington - USA) Photo © Bryan and Cherry Alexander Photography


Le père avait décidé de la ramener avec lui au campement de la tribu et ils étaient repartis de l'île dans le bateau. Alors qu'ils s'éloignaient, le mari de la jeune femme – sous sa forme de chien – s'était mis à la recherche de son épouse. Ne la trouvant pas, il s'était transformé en corbeau pour faire le tour de l'île et il avait aperçu, là-haut le petit point gris de l'umiak qui s'éloignait. Il avait alors fait appel aux esprits du vent pour assouvir sa vengeance …
Masque chalarak - masque rituel yup'ik (Alaska - Yukon) début XXe siécle
National Museum of the American Indian - Washington (USA)

Dans le bateau, le père avait vu le beau temps se transformer tout d'un coup : la mer était devenue agitée, puis forte, puis le vent avait soufflé de plus en plus fort – de manière pas naturelle, magique – jusqu'à menacer le bateau et tout son équipage. Il avait tout de suite compris qu'il avait affaire à un esprit très puissant et il avait réagi vite pour sauver sa vie et celle de l'équipage : d'un coup de rame il avait assommé sa fille et l'avait jetée à l'eau pour calmer cet esprit malfaisant.
Masque de phoque - masque rituel yup'ik (Alaska - Yukon) début XXe siécle
National Museum of the American Indian - Washington (USA)

Malgré l'eau glaciale et le coup sur la tête, elle avait quand même réussi à nager jusqu'au bateau et elle s'était accrochée des deux mains au bord du bateau. Son père l'avait repoussée mais elle ne voulait pas lâcher ! Il avait alors sorti son couteau et avait coupé toutes les phalanges de ses doigts pour la rejeter à l'eau.

Elle est alors partie au fond de l'océan, mais – sans doute sous l'influence imprévue des esprits du vent – elle est devenue un esprit très puissant du fond des océans et toutes ses phalanges tombées à l'eau se sont transformées en morses, phoques, lions de mer  et autres animaux marins que les hommes peuvent chasser pour se nourrir.
Cuiller rituelle (détail du manche) - Musée d'Etat d'Art Oriental de Moscou
(Culture Ekven - Detroit de Behring - Sibérie - 100 à 500 après JC)


Devenue déesse de la mer, elle est connue sous le nom de Sedna ou Sanna au nord du Canada et de l'Alaska, Nuliajuk dans les territoires du nord-ouest,  Arnakuagsak ou Arnarquagssaq au sud du Groenland et Nerrivik au nord …

Elle garde un contrôle sur tous les animaux de la mer et a le  pouvoir de les envoyer ou non vers les chasseurs – et de leur permettre de se nourrir – ou non :
pouvoir de vie ou de mort sur toute la tribu dans le grand nord.
ours nageant (Culture du Dorset moyen - 0-1000 ap JC - Canadian Museum of Civilization )
(cette sculpture représenterait plus l'esprit de l'ours que l'animal réel)

Seul le chaman a le pouvoir de calmer la déesse de la mer quand elle est en colère contre les hommes : il entre en transe et descend au fond de l'eau à sa rencontre, sous la forme de l'esprit d'un animal marin et il lui peigne les cheveux pour l'apaiser (ce qu'elle ne peut plus faire sans les phalanges de ses doigts).

Cette histoire – avec de nombreuses variantes - est commune à toutes les cultures du grand nord et le culte de la déesse de la mer et les rites chamaniques associés sont présents partout dans l'arctique …
Fabrice
pour en savoir plus …

allez voir les manifestations organisées par la médiathèque de Sedan sur les peuples du grand nord de janvier à juin 2009 et en particulier l'exposition "Sedna à Sedan".

Les photos d'objets rituels illustrant ce blog sont été prises lors de l'exposition « upside down » du Musée du Quai Branly à Paris qui s'est terminée le 12 janvier 2009.

Les autres photos  proviennent du site web du Smithonian National Museum of Natural History  (qui n'a pas protesté pour l'instant ...)
Publié dans : Contes - Communauté : Légende d'ici et d'ailleurs
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /2008 08:00
- Par Printemps des légendes
Sherlock Holmes à la chasse aux fées : L'affaire de Cottingley

Tous autant que vous êtes, vous vous êtes extasiés devant l'enquêteur génial et infaillible que fût Sherlock Holmes et sa capacité à résoudre les mystères les plus insondables. Il y a cependant une affaire où il a fait preuve d'un aveuglement et d'une incompétence totale et que le Docteur Watson avait passée sous silence : L'affaire des fées de Cottingley !

Bon, j'exagère un peu - cette affaire date de 1917 - et comme tous les fans de Sherlock Holmes le savent, le génial détective avait mené ses dernières enquêtes en 1914 en capturant l'espion allemand Von Bork ("son dernier coup d'archet") ...

En fait il ne s'agit pas d'une oeuvre de fiction, mais d'une histoire vraie - et c'est le créateur de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle, qui en est l'un des protagonistes les plus célèbres.

 C'est l'histoire des fées de Cottingley que je vais donc vous raconter, - un fait divers anodin - qui a passionné le monde pendant plus de 60 ans et où il est question de spiritisme, de théosophie, de fées et de deux apprenties photographes ...

Mais revenons au début de l'histoire ...

Juillet 1917,
Elsie Wright et sa cousine Frances Griffiths jouent près d'un ruisseau dans le fond du jardin de la propriété familiale de Cottingley (un village pittoresque de l'ouest du Yorkshire).

Frances, 10 ans, qui a glissé sur une pierre humide, est tombée dans le ruisseau et a sali sa robe. Elle raconte qu'elle jouait avec des fées pour éviter de se faire gronder.

Comme on ne la croit évidemment pas, sa cousine Elsie, 16 ans, demande l'autorisation d'emprunter l'appareil photo familial pour photographier les fées et apporter la preuve que sa cousine dit vrai ...





Et elle fait une première photo ... puis une deuxième un mois plus tard. Son père croit à un canular monté par cette élève douée de l'école des beaux arts de Bradford, mais la fouille de la chambre des jeunes filles ne révèle aucun preuve de la supercherie ...


L'affaire est passée sous silence jusqu'à ce qu' en 1919, Polly Wright parle des photos faites par sa fille Elsie lors d'une réunion de la société de théosophie de Bradford consacrée aux fées.
Des membres de la société de théosophie viennent enquêter et interroger Elsie et Frances. Les photos d'origine sont "améliorées" pour permettre des retirages, et on leur prête même un appareil photo plus performant . Trois nouvelles photos apparaissent ...





 
A partir de là, la machine est lancée et les photos circulent -  jusqu'à parvenir entre les mains de Sir Arthur Conan Doyle - membre éminent de la société de Théosophie - qui considère ces photos  comme des preuves irréfutables de l'existence des fées. Il écrit un article à ce sujet dans le "Strand magazine" de novembre 1920 et allume une polémique exacerbée entre les pro- et les anti-fées ...

"Si l'on considère que ce sont les premières photos que ces enfants ont faites de toute leur vie, il est inconcevable qu'elles aient été capables d'artifices techniques susceptibles de tromper des experts"
(Conan Doyle dans le Yorkshire Weekly Post)

Conan Doyle défendra son point de vue jusqu'à sa mort et il publiera en 1922 "l'arrivée des fées", un ouvrage où il reprendra l'histoire de Cottingley et celles d'autres apparitions de fées ...

Alors ? vraies ou fausses fées ? Qu'en pensez vous ?
Pour le savoir, il va vous falloir aller lire la fin de l'histoire sur le site de la ville de Cottingley, qui est depuis 80 ans un des site anglais renommé pour le tourisme féérique ... Un film a même été tourné sur le sujet : "Fairy tale : a true story" dont vous pouvez voir des images dans le clip ci-dessous :

http://www.youtube.com/watch?v=u2aXgCYFSyI

Mais ne comptez pas sur moi pour mettre fin à ce conte ( de fées ...) dans le blog du "printemps des légendes" ...
Car il y a au moins deux véritables et authentiques fées sur ces photos ! J'en suis absolument certain  !  Ce sont bien sûr Elsie et Frances qui font rêver de fées dans le monde entier depuis 1917 par la magie de la photographie ...
Fabrice

P.S. Internet étant plein de ressources, vous pouvez y trouver des vidéos d'un documentaire présenté par l'auteur de SF Arthur C. Clarke avec des interviews de Elsie et Frances ... et le fin mot de l'histoire ...




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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /2008 08:25
- Par Printemps des légendes

En complément des contes Burkinabé que vous allez pouvoir entendre cette semaine à Charleville Mézières et aux alentours,  je vous vous propose de découvrir un site internet de contes francophones à écouter :





Chaque conte est écoutable en audio en version française et dans sa langue d'origine et vous pourrez voyager au Mali, en Mauritanie, au Sénégal et en Haïti ...

Bonne écoute !

Fabrice

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